A la respiration complète

Pour diverses raisons, la plupart du temps, nous respirons de façon superficielle. Nous contraignons l’amplitude de notre souffle en soulevant les épaules, en maintenant l’abdomen contracté, ou en ayant une tension musculaire générale excessive. De cette façon, nous n’absorbons qu’une faible quantité d’air en nous servant seulement de la partie supérieure de nos poumons, ce qui entraîne un manque de vitalité et diminue la résistance de notre système immunitaire (…)

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Respirer superficiellement, que ce soit par la bouche, le nez, ou bien les deux combinés, c’est utiliser peu ou pas le diaphragme thoracique et encore moins le diaphragme pelvien. Tous deux constituent pourtant les pompes musculaires principales de notre système respiratoire. Ils déterminent les limites inférieures et supérieures du caisson abdominal.

Avec un entraînement régulier, notre respiration devient complète. Elle entraîne de façon harmonieuse l’activation de quatre diaphragmes en vidant plus profondément l’air vicié de nos poumons et les germes qui s’y accumulent, tout en renforçant les chaînes musculaires qui participent de façon coordonnée au souffle.

La respiration complète est constituée d’une inspiration profonde commençant par le relâchement de l’abdomen et montant progressivement dans les régions intercostales et claviculaires – du périnée au sommet du crâne –, et d’une expiration lente et contrôlée partant de la sangle abdominale et se propageant à l’ensemble des chaînes musculaires ayant participé à l’inspiration.

Notons également que l’activité respiratoire subit l’action de la gravité, suivant les différentes positions dans lesquelles se trouve notre corps – assis, couché ou debout… Le milieu ambiant et l’intensité des contraintes mécaniques s’exerçant sur notre organisme contraignent également notre souffle. 

 

Quatre types de respiration, quatre diaphragmes, sept « plexus »

Quatre grands types de respiration

  • Claviculaire – superficielle :

Cette façon de respirer est la moins efficace. Les clavicules se soulèvent avec la pénétration de l’air frais, mais seule la partie supérieure des poumons est activée et se remplit.

  • Intercostale ou thoracique – moyenne :

Ici, c’est la partie moyenne des poumons qui se remplie. Les côtes s’écartent pendant l’inspiration et se resserrent durant l’expiration. Cette respiration demande un effort plus important que l’abdominale et est moins efficace. Cependant, combinée avec celle-ci, elle entraine une meilleure ventilation des bronches.

  • Abdominale ou diaphragmatique – profonde :

Elle est plus efficace que les deux précédentes et demande moins d’effort. En s’abaissant, le diaphragme thoracique libère de l’espace aux poumons qui se remplissent en leur base. Entre l’inspire et l’expire, le mouvement continu du diaphragme thoracique, masse les organes et améliore le bon fonctionnement des viscères.

  • Complète– intégrale :

Cette respiration combine les trois autres dans un mouvement respiratoire ample et rythmé. Elle permet d’utiliser l’entière capacité des poumons. Maîtrisée, elle devrait être silencieuse, lente, profonde, continue et aisée. Elle permet de renouveler en profondeur l’air vicié des bronches et d’avoir le plus grand apport en oxygène.

Une respiration complète et consciente sollicite les diaphragmes

 

Quatre diaphragmes

Le diaphragme thoracique – muscle mince, aplati et large en forme de coupole séparant la cavité thoracique de la cavité abdominale. Il influence les plexus : cardiaque, solaire et hypogastrique.

  • Le diaphragme pelvien – ensemble des muscles du périnée soutenant, élevant le plancher pelvien et résistant à l’augmentation de la pression intra-abdominale. Comme le diaphragme thoracique, il influence également les plexus : cardiaque, solaire et hypogastrique

A un niveau de pratique respiratoire plus avancée, sont activés de façon plus subtile :

  • Le diaphragme cervical – ensemble de muscles au niveau de la gorge absorbant et neutralisant les tensions provenant du haut et du bas du corps. Il influence le plexus thyroïdien ;
  • Et le diaphragme crânien – les os crâniens se mobilisent à très faible amplitude notamment sous l’action des muscles superficiels de la tête et du core link[1]. Le diaphragme crânien influence l’hypothalamus et l’hypophyse.

Ainsi, la vague propulsée par la respiration active les quatre diaphragmes le long de l’axe crânio-sacré – reliant le sacrum, la colonne vertébrale et le crâne. Cette onde stimule également les sept « plexus » contribuant de cette manière à notre équilibre émotionnel et physique.

[1] Manchon fibreux allant du crâne au sacrum constitué de membranes méningées, des structures osseuses ou s’attachent ses membranes et des structures conjonctives.